Réunion de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires (AVEN)
Aubagne - 12 02 2010

A l’occasion du 50ème anniversaire du 1er essai nucléaire français dans le SAHARA algérien, l’AVEN a organisé des réunions dans toute la France. En PACA, elle a eu lieu le vendredi 12 février à Aubagne.
Accueillis par le président du Cercle de l’Harmonie où se tenait la réunion, une centaine de personnes se sont retrouvées : des membres de l’AVEN et leurs délégués locaux, Mrs REYNIER et FEDI, des médecins de l’AMFPGN dont leur président le Dr Yves PERRIN-TOININ et des sympathisants d’Aubagne. Les députés, Guy TESSIER (Marseille) membre de la commission de la Défense et G. DEFLESSELLE (Aubagne), invités, ne sont pas venus.
Mr Reynier a fait le point sur la loi du 23 décembre 2009, promulguée le 05 01 2010, visant la reconnaissance et l’indemnisation des vétérans des essais nucléaires (18 maladies sont inscrites alors que l’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiations) en reconnaît 36). La teneur du décret d’application délivré par le ministère de la Défense en date du 21 01 2010 est en cours de transmission au conseil d’Etat.
Pour Maître TESSONIERE, avocat de l’AVEN, chargé de défendre les dossiers des “travailleurs de l’amiante”, cette loi est une avancée certaine ; c’est un tournant dans la reconnaissance des victimes. Mais elle cache des pièges d’où la difficulté d’indemnisation des victimes :
-le texte ne correspond pas à ce que l’AVEN demandait : l’organisme chargé de l’indemnisation est celui qui est la cause des lésions. Il est donc juge et partie
-le texte est insuffisant pour les ayants droit dont les préjudices ne sont pas pris en compte (sauf uniquement à titre successoral).
-le décret tient compte du problème du seuil de radioactivité mais les dosimètres ne sont pas toujours fiables et certains vétérans n’en avaient pas.
-la loi fait semblant de tenir compte de la présomption du lien avec l’exposition (ce qui évite d’apporter la preuve scientifique). Mais le comité d’indemnisation pourra écarter la présomption quand le risque lui paraîtra négligeable et en pratique, la majorité des cas risque d’être écartée. Cependant, si aucune victime n’est indemnisée, cela se saura et la jurisprudence pourra contraindre le comité à revoir le dossier.
-Enfin, l’AVEN n’est pas dans le comité d’indemnisation.
A coté de ces problèmes juridiques, les témoignages des vétérans étaient bouleversants. Il en ressort une impression de solitude des victimes qui on déposé leur dossier depuis plusieurs années et n’ont toujours pas de réponse. Plus que d’indemnisation, ils ont besoin de reconnaissance : très jeunes et sans aucune information, leur santé a été sacrifiée.
La femme d’un vétéran, militaire de carrière, actuellement grabataire a raconté les multiples lésions de son mari, “un homme fini à 40 ans” et ajoute avec pudeur qu’à cet âge là il était déjà impuissant.
AM Guitard, N Horschowski, Y. Perrin Toinin.