Jeûne pour le 70° anniversaire d’Hiroshima et de Nagasaki à Paris et Valduc

Jeûne-action international pour un traité d’interdiction des armes nucléaires

Valduc 08_2015

Valduc 08_2015

VALDUC : A l’initiative de “ARME NUCLÉAIRE STOP“ et de la maison de vigilance, un jeûne de 4 jours, du 6 au 9 Août (c’est à dire couvrant le laps de temps entre la destruction d’Hiroshima et celle de Nagasaki), est habituellement organisé en France. Pour le 70ème anniversaire, cette initiative c’est étendue aux USA, Royaume Unis, Allemagne, et chez nous outre Paris, à Dijon (Val duc), et Bordeaux (BARP), avec le soutien d’ICAN et du réseau “sortir du nucléaire“. Traditionnellement l’AMFPGN assure en partie le suivi médical des jeûneurs.
Pourquoi avoir choisi VALDUC dans cette liste ? Depuis 1958, à 35 Km au nord de Dijon, la Direction des Applications Militaires (DAM) du CEA, s’est installée sur le site de Valduc pour effectuer l’élaboration, la transformation, l’assemblage et le contrôle des différents composants des armes nucléaires (uranium, plutonium, tritium, etc.).
Au-delà du montage des armes atomiques, le centre de Val duc effectue les opérations de maintenance des ogives nucléaires (régénération en tritium…) et le démantèlement des têtes nucléaires déclassées. Elle en récupère les matières fissiles (plutonium et uranium) pour les réutiliser dans les nouvelles armes. Ainsi, à Valduc, c’est la totalité de notre arsenal nucléaire (soit environ 300 têtes actives et plusieurs centaines de têtes déclassées) qui a transité et re- transitera en Côte d‘Or. Jusqu’en 1995, Valduc a fonctionné sans aucune autorisation de rejet.

Surtout, depuis le traité franco-britannique de 2010 (voir MGN à ce sujet) une nouvelle installation est entrain de prendre place pour explorer la détonique des armes atomiques avec l’appareil “Airlix“ qui visualise en 3D cette phase de l’allumage des bombes (voir aussi MGN 2010 à ce sujet). Ce centre du CEA, reçoit beaucoup de tritium, en stocke une grande partie, mais en rejette aussi une grande quantité dans l’environnement, par exemple dans l’eau de pluie, (jusqu’à 8000 Bq/l, aujourd’hui autour de 80 Bq/l.). Ce tritium, surtout sous forme d’eau tritiée est plus toxique encore s’il est lié à une molécule organique (OBT) et se retrouve dans l’environnement : herbe, pommes, girolles et blé. Surtout, on a trouvé jusqu’à 30 Bq/Kg d’OBT dans les pommes de terre, et 146 Bq/Kg dans la viande de chevreuil (2008, rapport de la SEIVA). Ce contexte explique l’inquiétude des populations.
Avec 20 jeûneurs et 20 participants en plus, nous avons passé la journée devant le portail d’entrée du CEA VALDUC, avec la surveillance étroite mais souriante des gendarmes. Une anecdote : je fût assailli de questions sur le tritium par des gendarmes affectés à la garde du centre et inquiets pour leur santé. L’occupation des lieux, strictement non violente, c’est faite avec des lectures : surtout des passages du livre de BUJNOCZKY, des chants japonais d’HIBAKUSHAS et d’un concert d’un groupe musical venant de BURE.
Il y a eu aussi des activités à Dijon, avec une réception à la préfecture, à la mairie, et un atelier de fabrication d’oiseau japonais en papier en plein centre des halles.

L’AMFPGN a eu une part modeste dans cette action avec notre objectif : un traité d’interdiction des armes atomiques, et la tenue d’une conférence sur “ menace nucléaire et conséquences humanitaires “ portant principalement sur la place de l’arme nucléaire dans le changement climatique et nos actions autour de la COP 21.FR3 et les journaux locaux ont abondamment rendu compte de cette manifestation, plus étoffée que l’année dernière. par A.BEHAR

PARIS :
Ce Jeûne-action international a réuni environ 80 personnes de tous âges, très soudées par leur profond engagement:

« La veille de ces quatre jours, les participants pouvaient suivre une journée de formation à l’action non violente et de préparation au jeûne qui devait débuter le soir même à minuit. Ceux des participants qui avaient déjà jeûné au moins une fois ont fait part de leur expérience à ceux qui, comme moi, n’en connaissaient rien.  Nous avions à notre disposition des brochures et des ouvrages parmi lesquels le très apprécié « Pensées pour Hiroshima et Nagasaki – Témoignages et réflexions »1 de PHILIPPE BUJNOCZKY dont plusieurs extraits particulièrement poignants ont été lus publiquement lors des deux cérémonies de commémoration respectivement le 6 août et le 9 août.

PARIS 2015 Place de la République

PARIS 2015 Place de la République

Chaque participant a fait part de son ressenti juste avant la fin du jeûne. La faim souvent ressentie à l’heure des repas le premier jour disparaît en général en un jour ou deux. Certains ont constaté l’apparition d’une agréable sensation de bien-être, de paix avec soi-même et avec les autres, de vigilance accrue, voire d’euphorie. Les effets indésirables étaient le plus souvent la fatigue et quelques vertiges, parfois des maux de tête, des nausées, des crampes musculaires. Quant à moi, j’ai surtout ressenti, jusqu’après la fin du jeûne à l’eau de quatre jours, une fatigue étrange, plutôt une lourdeur, une impression de ralentissement sur le plan physique.

(Extrait du texte du Dr FRANCOISE BOMAN publié dans la revue MÉDECINE ET GUERRE NUCLÉAIRE)

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