LA FRANCE REJOINT LE FRONT DU REFUS RUSSO ISRAELIEN

A.BEHAR de retour de Vienne

Démontrant le soutien massif de la communauté internationale, des représentants de plus de 150 États (160 inscrits) se réunit les 8 et 9 décembre à Vienne, en Autriche, pour la troisième Conférence internationale sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires. Les États-Unis et le Royaume-Uni seront présents, contrairement à la France qui fait le choix de s’isoler de la communauté internationale.

« La stratégie de la France de miser sur un essoufflement de cette approche nouvelle, la dimension humanitaire du désarmement nucléaire, n’a donc pas fonctionné ! « Malgré nos rencontres avec les conseillers stratégiques du ministre des Affaires étrangères et de l’Élysée, il est regrettable que la France reste sur des positions fermées et boude cette conférence. Elle renforce ainsi son image d’État hostile à toute réflexion et action en faveur du désarmement nucléaire et donc de la sécurité mondiale. »

En amont de cette Conférence gouvernementale, plus de 600 militants se sont réunis les 6 et 7 décembre — dont une délégation de 23 Français  avec 2 représentants de l’AMFPGN , Madeleine Mosca et A.Behar— dans le plus grand rassemblement de la société civile jamais réalisé en faveur d’un traité d’interdiction les armes nucléaires.

« Nous n’avons jamais été aussi proches de l’ouverture de négociations sur un traité interdisant les armes nucléaires », a déclaré Beatrice Fihn, directrice exécutive de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, « Nous sommes convaincus que les gouvernements trouveront le courage de se lancer dans un processus diplomatique pour développer ce nouveau traité international d’interdiction des armes nucléaires. »

La Conférence de Vienne est la dernière étape d’un processus qui a changé la façon dont les armes nucléaires sont abordées dans le débat international. Depuis 2010, lorsque les États parties au Traité de non-prolifération ont reconnu « les conséquences humanitaires catastrophiques de toute utilisation d’armes nucléaires », un nouveau récit a émergé dans lequel les effets réels de ces armes sont la base de nouveaux efforts pour agir en faveur du désarmement. En plus d’ICAN, Le mouvement de la Croix-Rouge, les organismes de secours des Nations Unies, la société civile et la majorité des nations du monde ont souscrit à cette initiative humanitaire.

En octobre, 155 États se sont joints à la déclaration de la Nouvelle-Zélande auprès des Nations Unies, notant que « les conséquences catastrophiques d’armes nucléaires doivent sous-tendre toutes les approches et les efforts en faveur du désarmement nucléaire ».

Parmi les représentants de la société civile qui s’exprimeront lors de la Conférence à Vienne, la survivante (“Hibakusha”) de la bombe d’Hiroshima, Mme Setsuko Thurlow, et pour la première fois, plusieurs survivants d’essais atomiques comme M. Karipbek Kuyukov, fourniront leur témoignage sur l’expérience des survivants d’une exposition nucléaire. L’auteur renommé de Command and control

Eric Schlosser et l’ancien officier de l’armée des États-Unis Bruce Blair, aborderont les risques de détonation accidentelle d’armes nucléaires. Camille François de la Harvard Law School va discuter des difficultés de la sécurisation des installations nucléaires face aux cybermenaces. Le président du CICR, M. Peter Mauer, et le Ministre autrichien des Affaires étrangères, M. Sebastian Kurz, évoqueront l’impact humanitaire des armes nucléaires.

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