L’AMFPGN AU FORUM SOCIAL DE TUNIS, Mars 2013.

L’AMFPGN AU FORUM SOCIAL MONDIAL DE TUNIS

A.BEHARfsm tunis

Une particularité fondatrice des forums sociaux mondiaux nous a interrogé d’emblée :

Ici, toutes les opinions, toutes les appartenances (à l’intérieur de la charte de Porto Alegre) coexistent par principe. On a vu dialoguer des laïques intransigeants et des islamistes, des catholiques du monde entier avec des agnostiques, des sahraouis indépendantistes et des pro-Sahara marocains, des partisans et des adversaires de BACHAR EL ASSAD (avec des échanges plutôt musclés) et même un partisan de feu Saddam Hussein au milieu des irakiens!

Les délégués de l’AMFPGN ne s’en sont pas étonnés, nous qui sommes habitués à donner la parole à quiconque est concerné par la menace nucléaire quelque soit son bord politique ou son appartenance religieuse ou philosophique. Mieux encore, nous avons pour principe d’écouter attentivement la parole des nucléaristes, par exemple, nous étions trois à la réunion organisée par BRUNO TERTRAIS, le chantre de la bombe (voir le compte rendu dans MGN), pour comprendre d’abord et critiquer ensuite.

Ce principe du débat non partisan ne nous a pas surpris, par contre l’incompréhension de nombreux journalistes venus “couvrir” un événement monocolore “alter mondialiste” et qui n’arrivaient pas à comprendre le parti pris d’écoute réciproque au sein de la société civile, nous a profondément interpellé.

Ce forum social mondial de TUNIS est avant tout une intrusion massive du monde arabe dans ce processus. Sur 62 000 inscrits, 50 000 venaient du Magreb, et très majoritairement de Tunisie. Dans des centaines d’ateliers on a discuté ferme des “printemps arabes”, de leurs espérances, de leurs difficultés existentielles, du poids de la crise économique et donc sociale, et massivement du statut de la femme. Pour des milliers de participants, cela a représenté une découverte, une meilleure évaluation des aspects universels comme des conditions particulières de ces révolutions.

On ne résume pas une telle foison d’échanges, d’idées, de découvertes. Mais on peut tenter de faire un bilan de notre modeste contribution et en retour ce que nous avons appris du forum dans notre domaine d’action.

Notre démarche était simple, après le forum social thématique d’ICAN à Marseille, nous avons emporté à Tunis ses propositions pour en discuter avec les autres participants. Avec la coalition ICAN, nous avons animé un atelier sur le même thème qu’à Marseille: “pour une méditerranée débarrassée des armes atomiques”. Il y a eu une très bonne discussion, d’un haut niveau, mais malheureusement entre convaincus venant de plusieurs pays. Paradoxalement, c’est à un autre atelier sur les armes nucléaires et leurs conséquences humanitaires, que nous avons pu réaliser un  dialogue approfondi avec des jeunes tunisiens, mais aussi espagnols ou canadiens, à priori totalement extérieur à notre problématique, mais désireux d’en savoir plus sur la bombe, les programmes nucléaires, et surtout sur les déchets atomiques et leurs effets sur la santé, en particulier en Tunisie.

La conférence de consensus a retenu deux de nos propositions;

1-      L’idée d’une coalition des sociétés civiles des pays riverains de la méditerranée pour une zone sans armes atomiques avec comme étapes, d’abord l’interdiction d’accoster pour les navires (et les sous-marins) porteurs d’engins nucléaires dans tous les ports méditerranéens, puis l’interdiction de transit de ces mêmes navires, et enfin le démantèlement des bases atomiques de l’OTAN et des USA, de l’Italie à la Turquie, et en premier lieu les bases françaises à Istres et à Toulon. Cette zone pourrait être rattachée à la zone sans armes de destructions massives au Moyen Orient, englobant l’Iran et Israël, et réclamée par l’Egypte et l’ONU.

2-      L’adoption de l’alternative à la “sécurité collective” des états, sommés de se ranger sous le parapluie atomique des 5 membres du club nucléaire, il s’agit de “la sécurité humaine”, avec un droit nouveau pour tous les êtres humains sur la planète: celui de ne plus être la cible quasi exclusive des dissuasions nucléaires des 5 grands mais aussi des 4 nouveaux pays atomiques: l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.

3-      Le FSM à recommandé d’inscrire à l’ordre du jour du futur forum thématique à Sarajevo en 2014 (à l’occasion du centenaire de la déclaration de la guerre de 14-18), la question de la paix et de la sécurité humaine.

Il y a là un début prometteur pour notre campagne ICAN, et la possibilité de toucher un public nouveau, différent de notre sphère d’influence actuelle.

Nous avons aussi beaucoup appris des autres participants, et nous nous devons d’en tirer des leçons. De nombreux ateliers ont proposé dans des domaines différents une coalition des peuples méditerranéens comme alternative au projet de notre ancien président de la République, qui voulait une union méditerranéenne des états, dictatures comprises. Les objectifs sont variés comme l’immigration, la discrimination, la lutte contre les méfaits de la mondialisation et de la crise économique qui frappe le nord comme le sud, et surtout pour l’émancipation des femmes. La grande leçon pour nous est simple, nous avons eu tort de faire “bande à part”, avec nos ateliers spécifiques, au lieu de s’immerger dans ces différentes proposition pour les compléter par la question nucléaire. Malgré cette erreur de jugement, nous retenons un aspect positif du FSM: nous ne sommes pas les seuls à penser qu’un autre monde est possible et surtout nécessaire, et qu’il ne peut exister que délivré de la menace atomique.

C’est dans cet esprit que notre campagne ICAN doit se développer dans cette zone. Il nous faut à la fois des actions précises et concrètes comme la mise sur pied d’une “commission vérité” proposée par nos amis italiens et validée par le forum de Marseille,sur la question des déchets nucléaires dans tous les pays riverains, leurs origines et leur éventuelle exportation vers l’Afrique du Nord. Mais aussi développer une vision commune d’élimination des armes nucléaires à partir des conséquences humanitaires intolérables des programmes atomiques (comme à Hiroshima, Nagasaki et Fukushima, mais aussi comme en Algérie pour les populations exposées aux séquelles des essais atomiques français).

Notre campagne ICAN, est mondiale et elle recouvre de nombreuses réalités. La situation en Méditerranée en est une. Il n’y a aucune contradiction avec les mobilisations en Amérique, en Asie, ou en Europe du Nord, bien au contraire. Nos neuf délégués sont rentrés persuadés qu’il s’agit d’un premier pas, et que tout reste à faire pour construire une zone méditerranéenne débarrassée des armes nucléaires, mais le processus est désormais en marche.

Une particularité fondatrice des forums sociaux mondiaux nous a interrogé d’emblée :

Ici, toutes les opinions, toutes les appartenances (à l’intérieur de la charte de Porto Alegre) coexistent par principe. On a vu dialoguer des laïques intransigeants et des islamistes, des catholiques du monde entier avec des agnostiques, des sahraouis indépendantistes et des pro-Sahara marocains, des partisans et des adversaires de BACHAR EL ASSAD (avec des échanges plutôt musclés) et même un partisan de feu Saddam Hussein au milieu des irakiens!

Les délégués de l’AMFPGN ne s’en sont pas étonnés, nous qui sommes habitués à donner la parole à quiconque est concerné par la menace nucléaire quelque soit son bord politique ou son appartenance religieuse ou philosophique. Mieux encore, nous avons pour principe d’écouter attentivement la parole des nucléaristes, par exemple, nous étions trois à la réunion organisée par BRUNO TERTRAIS, le chantre de la bombe (voir le compte rendu dans MGN), pour comprendre d’abord et critiquer ensuite.

Ce principe du débat non partisan ne nous a pas surpris, par contre l’incompréhension de nombreux journalistes venus “couvrir” un événement monocolore “alter mondialiste” et qui n’arrivaient pas à comprendre le parti pris d’écoute réciproque au sein de la société civile, nous a profondément interpellé.

Ce forum social mondial de TUNIS est avant tout une intrusion massive du monde arabe dans ce processus. Sur 62 000 inscrits, 50 000 venaient du Magreb, et très majoritairement de Tunisie. Dans des centaines d’ateliers on a discuté ferme des “printemps arabes”, de leurs espérances, de leurs difficultés existentielles, du poids de la crise économique et donc sociale, et massivement du statut de la femme. Pour des milliers de participants, cela a représenté une découverte, une meilleure évaluation des aspects universels comme des conditions particulières de ces révolutions.

On ne résume pas une telle foison d’échanges, d’idées, de découvertes. Mais on peut tenter de faire un bilan de notre modeste contribution et en retour ce que nous avons appris du forum dans notre domaine d’action.

Notre démarche était simple, après le forum social thématique d’ICAN à Marseille, nous avons emporté à Tunis ses propositions pour en discuter avec les autres participants. Avec la coalition ICAN, nous avons animé un atelier sur le même thème qu’à Marseille: “pour une méditerranée débarrassée des armes atomiques”. Il y a eu une très bonne discussion, d’un haut niveau, mais malheureusement entre convaincus venant de plusieurs pays. Paradoxalement, c’est à un autre atelier sur les armes nucléaires et leurs conséquences humanitaires, que nous avons pu réaliser un  dialogue approfondi avec des jeunes tunisiens, mais aussi espagnols ou canadiens, à priori totalement extérieur à notre problématique, mais désireux d’en savoir plus sur la bombe, les programmes nucléaires, et surtout sur les déchets atomiques et leurs effets sur la santé, en particulier en Tunisie.

La conférence de consensus a retenu deux de nos propositions;

1-      L’idée d’une coalition des sociétés civiles des pays riverains de la méditerranée pour une zone sans armes atomiques avec comme étapes, d’abord l’interdiction d’accoster pour les navires (et les sous-marins) porteurs d’engins nucléaires dans tous les ports méditerranéens, puis l’interdiction de transit de ces mêmes navires, et enfin le démantèlement des bases atomiques de l’OTAN et des USA, de l’Italie à la Turquie, et en premier lieu les bases françaises à Istres et à Toulon. Cette zone pourrait être rattachée à la zone sans armes de destructions massives au Moyen Orient, englobant l’Iran et Israël, et réclamée par l’Egypte et l’ONU.

2-      L’adoption de l’alternative à la “sécurité collective” des états, sommés de se ranger sous le parapluie atomique des 5 membres du club nucléaire, il s’agit de “la sécurité humaine”, avec un droit nouveau pour tous les êtres humains sur la planète: celui de ne plus être la cible quasi exclusive des dissuasions nucléaires des 5 grands mais aussi des 4 nouveaux pays atomiques: l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.

3-      Le FSM à recommandé d’inscrire à l’ordre du jour du futur forum thématique à Sarajevo en 2014 (à l’occasion du centenaire de la déclaration de la guerre de 14-18), la question de la paix et de la sécurité humaine.

Il y a là un début prometteur pour notre campagne ICAN, et la possibilité de toucher un public nouveau, différent de notre sphère d’influence actuelle.

Nous avons aussi beaucoup appris des autres participants, et nous nous devons d’en tirer des leçons. De nombreux ateliers ont proposé dans des domaines différents une coalition des peuples méditerranéens comme alternative au projet de notre ancien président de la République, qui voulait une union méditerranéenne des états, dictatures comprises. Les objectifs sont variés comme l’immigration, la discrimination, la lutte contre les méfaits de la mondialisation et de la crise économique qui frappe le nord comme le sud, et surtout pour l’émancipation des femmes. La grande leçon pour nous est simple, nous avons eu tort de faire “bande à part”, avec nos ateliers spécifiques, au lieu de s’immerger dans ces différentes proposition pour les compléter par la question nucléaire. Malgré cette erreur de jugement, nous retenons un aspect positif du FSM: nous ne sommes pas les seuls à penser qu’un autre monde est possible et surtout nécessaire, et qu’il ne peut exister que délivré de la menace atomique.

C’est dans cet esprit que notre campagne ICAN doit se développer dans cette zone. Il nous faut à la fois des actions précises et concrètes comme la mise sur pied d’une “commission vérité” proposée par nos amis italiens et validée par le forum de Marseille,sur la question des déchets nucléaires dans tous les pays riverains, leurs origines et leur éventuelle exportation vers l’Afrique du Nord. Mais aussi développer une vision commune d’élimination des armes nucléaires à partir des conséquences humanitaires intolérables des programmes atomiques (comme à Hiroshima, Nagasaki et Fukushima, mais aussi comme en Algérie pour les populations exposées aux séquelles des essais atomiques français).

Notre campagne ICAN, est mondiale et elle recouvre de nombreuses réalités. La situation en Méditerranée en est une. Il n’y a aucune contradiction avec les mobilisations en Amérique, en Asie, ou en Europe du Nord, bien au contraire. Nos neuf délégués sont rentrés persuadés qu’il s’agit d’un premier pas, et que tout reste à faire pour construire une zone méditerranéenne débarrassée des armes nucléaires, mais le processus est désormais en marche.

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