Le drame des survivants “en bonne santé” d’ Hiroshima et de Nagasaki

hiroshima and nagasakiConférence “Santé et Nucléaire” à l’université de médecine de Nantes le jeudi 27 janvier 2005

Les faits :  Hiroshima et Nagasaki, un des stress collectifs le plus intense. Aucune étude précoce sur les survivants.

Première étude longitudinale : YAMADA et IZUMI, sept. 2002 (soc.psych. epidemiol. 9, p409/415)

Etude rétrospective des troubles psychologiques chez des survivants à la date de 1962/1965

La méthode

Cohorte de 9421 survivants, volontaires, déclarés en bonne santé.
Questionnaire validé internationalement : DSM-IV : « diagnostic and statistical manual of mental disorders N°4 », comprends tous les signes psychiatriques et les signes de somatisation.

Les résultats

Fortes prévalences de l’anxiété (1,73) et des manifestations somatisées (1,94)
Ce qui est important :

Cette prévalence est indépendante des séquelles liées à l’irradiation.

Elle est indépendante de toutes maladies évolutives

Elle est indépendante de l’existence ou pas d’un décès dans la famille.

De quoi s’agit-il ?

Le syndrome post-traumatique (post traumatic stress disorders)

SON CONTENU : Persistance des souvenirs avec cauchemars et « flash-back »

Culpabilisation de la victime, coupable d’être un survivant.

Insomnies, irritabilité anxiété et hyperactivité. Les signes augmentent si des associations avec la catastrophe apparaissent.

LES RAISONS :

Inégalité des individus devant une réaction d’alarme.
Toujours : grande consommation d’énergie et épuisement des réserves d’hormones et d’endorphines.
Si cet état persiste, pour des raisons physiologiques, la « fatigue » (= asthénie extrême) s’installe, ex : vétérans du golfe. L’intensité varie avec les individus.

PRONOSTIC :

Tres sombre sans traitement, ces patients entrent dans un groupe à risque pour toutes les maladies, et pas seulement pour le cancer.
Autre risque : Transformation des victimes en bourreaux.

QUE FAUT-IL FAIRE ?

Un seul but : diminuer la durée du syndrome post traumatique, seul moyen de traiter la fatigue et tout le cortège psychologique qui l’accompagne.

POUR CELA, il y a 2 temps d’action thérapeutique :

1-TOUT FAIRE POUR ETABLIR LE STATUT DE VICTIME : les obstacles : sociaux, politiques, familiaux, et la culpabilisation du sujet. Exemple : les « Hibakushas » pestiférés et non victimes, les victimes en Algérie. Dans tous les cas souffrance extrême. Méthode : pluridisciplinaire, avec des psy . juristes, mvt des droits de l’homme, manif. Politiques (Chili, Argentine), car il faut des preuves, pour être cru par les victimes.

2- LE PLUS VITE POSSIBLE : LA DEVICTIMISATION.

Le pire à éviter : le statut éternel de victimes : car il « fixe » les symptômes et autorise toutes les revanches possibles. Ce travail de longue haleine est lui spécifique et relève du psychothérapeute, (individuel ou par groupes).

QUE VIENT FAIRE L’AMFPGN DANS CETTE GALERE ?

L’association, formée d’acteurs de la santé publique, à pour rôle la prévention de la guerre nucléaire.

Premier devoir : déterminer les cibles de la prévention, et le lien qui les unis, pour agir en amont de la catastrophe : le schéma de base : LA PYRAMIDE DE LA VIOLENCE

Application aux survivants d’HIROSHIMA, mais aussi à la population témoin des essais nucléaires (KAZAKHSTAN, POLYNESIE)
D’où l’importance de l’action à la base de la pyramide : sur la violence sociale.

APPLICATION ; le programme de l’AMFPGN en Algérie.
Objectif : la question de la prolifération nucléaire
Les moyens, l’action en partenariat avec les collègues algériens.
Les résultats : sur la population, exemple de la Kabylie, sur l’opinion publique, la discussion ouverte sur le programme nucléaire.
AUTRE PROGRAMME : La Palestine, avec des collègues palestiniens et israéliens. ( réseau : prévention non violente des conflits, le lien avec l’arme nucléaire)

CONCLUSION : Les devoirs d’information et d’expertise de l’AMFPGN, au service de l’opinion publique

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